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  Le Progrès 12 octobre 2009
Le Progrès 12 octobre 2009 :
Les souterrains communiquaient avec une citadelle :
Le Progrès s'est procuré en avant-première, les conclusions d'une étude réalisée par les services archéologiques. Plus vaste que prévu, le réseau dit « des arêtes de poisson » serait lié à la construction d'une citadelle royale au 16e siècle.
Confrontées à une étude menée par les services archéologiques à l'été 2008, les archives ont parlé. Beaucoup plus important que prévu, en terme de longueur et de superposition, le réseau des arêtes de poisson édifié sous la colline, et serpentant, du plateau de la Croix-Rousse au Rhône serait lié à un bref palais royal baptisé citadelle Saint-Sébastien, dont la construction avait débuté au XVIe siècle, sur ordre de Charles IX.

Elle fut démantelée à la demande et aux frais de la ville en 1585. Le réseau servait ainsi, à faire communiquer Saint-Sébastien avec le Rhône et permettait d'accéder à la forteresse, à l'insu de la population lyonnaise contre laquelle elle fut édifiée.

Les résultats complets de cette étude seront dévoilés aujourd'hui, dans les salons de l'Hôtel de Ville, et le moment est attendu. Jusqu'à aujourd'hui, difficile en effet, de savoir exactement à quoi servaient ces galeries. Parmi les suppositions, celle d'un ouvrage militaire tenait la corde. On imaginait là le stockage d'armes, de vivres et de personnes. Mais nulle trace dans les archives n'avait pu conforter cette idée.

L'étude réalisée par les services archéologiques aurait en outre, permis la découverte d'un réseau plus vaste et plus complexe qu'attendu, de plus de 2 km de galeries, hérissées de dizaines de puits et ce, sur plusieurs niveaux, depuis le Rhône jusqu'au plateau de la Croix-Rousse.

Les connaisseurs de ce réseau souhaitaient depuis longtemps que de véritables études soient menées et surtout que leurs résultats soient rendus publics. Le dossier a été relancé dans le cadre d'un des grands projets de Gérard Collomb. Chez ces passionnés de souterrains, habitués à jouer à cache-cache avec le service du Grand Lyon chargé de la sécurisation des lieux, l'annonce du percement d'un deuxième tube (modes doux) sous la colline a en effet, fait craindre des dommages irréparables sur ce patrimoine aussi mystérieux qu'ignoré, jusqu'à ce que le tracé du futur ouvrage soit connu et révèle un impact mesuré au regard de l'ensemble du dédale répertorié.

« L'objectif serait de profiter de ces travaux pour valoriser et ouvrir les galeries », avait alors fait savoir Jean-Luc Chavent conteur de rues, historien et grand connaisseur du réseau des Fantasques. Joint hier, celui-ci regrettait qu'aucune assurance n'ait encore été donnée en ce sens par la Ville de Lyon. Reste, que faire profiter des dernières découvertes, est une première avancée en faveur de la préservation de ces souterrains.

Ouvrir le réseau au public dans des conditions à définir est désormais envisagé, signale Gilles Buna, adjoint délégué à l'Urbanisme (lire ci-contre).

Une partie de la communauté cataphile de Lyon y est prête même si la concession est grande. Descendre dans ce labyrinthe interdit possède en effet le goût inégalé des plaisirs défendus.

Dominique Menvielle


A votre avis, Gilles Buna, adjoint au maire
de Lyon déléguéà l'Urbanisme :

« Le moment est venu d'étudier les conditions d'une ouverture du réseau »

Une part du mystère des souterrains croix-roussiens est levée ? Incontestablement, les fouilles menées permettent d'appréhender un réseau complexe et plus étendu qu'on ne le pensait, permettent aussi de le dater du XVIe siècle. Enfin, et ce n'est pas le moins excitant pour l'imaginaire, on est en mesure de lui donner une fonction à partir de cette citadelle construite pour surveiller les Lyonnais. Ces galeries servaient de refuge et d'accès pour les militaires, de dépôt de munitions légères et de manière discrète, offraient la possibilité de se déplacer. Ceci jusqu'en 1585, lorsque la ville obtient du pouvoir royal, qu'on détruise cette menace.

Des travaux de percement d'un deuxième tunnel sont programmés sous la colline. Avec quel impact sur les galeries ? 75 mètres sur le 1,5 de galeries, seront condamnés, mais il s'agit de parties bétonnées. La nécessité de préserver le réseau est bien prise en compte, de même que la volonté de ne pas l'endommager par des effets collatéraux. C'est dans le cahier des charges. Le Grand Lyon est tout à fait disposé à cela conformément aux propositions faites par le conteur de rues Jean-Luc Chavent, parmi les plus anciens à s'en préoccuper.

Des réticences existaient ? C'est vrai qu'il y a toujours eu des réserves de la part des services communautaires, liées à la sécurité. Le réseau comporte des trous, des puits, ce dans l'obscurité. Un arrêté pris en 89 interdit d'ailleurs toute intrusion.

Peut-on espérer une ouverture au public ? Personnellement j'y suis favorable. Le moment est venu d'étudier les conditions de mise en sécurité, et peut-être d'éclairage partiel des arêtes de poisson. D'appréhender aussi les conditions financières en terme de coût et d'apport s'il y a un développement touristique. En même temps, rien n'est décidé. Sera-ce pour un large public ou un public de spécialistes ? Nous avons jusqu'à 2013, date de la fin des travaux du tube modes doux pour y réfléchir.

Recueilli par D.Menvielle

Appel est lancé pour faire la lumière sur des ossements trouvés et réenfouis

Longtemps il ne fallait pas en parler. Les souterrains qui traversent la colline donnaient lieu à quantité de fantasmes, d'histoires vraies aussi. Il y a ceux, peu nombreux, qui les ont parcourus et les autres. Or tout à coup, à la faveur de travaux chargés de percer la colline, on veut plus que jamais percer les mystères du réseau. C'est ainsi que 5 m3 d'ossements, (crânes et tibias) découverts sur place lors d'une première descente en 1959, manquent à l'appel et font désormais l'objet d'un avis de recherche. On pense qu'ils ont été réenfouis. Mais où ? « Il peut y avoir des témoins encore en vie, parmi les ouvriers ou les services de la Ville qui étaient descendus et qui ont fait cette découverte », espère Gilles Buna adjoint délégué à l'Urbanisme et en charge du dossier au Grand Lyon. A suivre.
D. M.

Voyage au centre de la terre croix-roussienne

Le rendez-vous a lieu de nuit place de la Croix-Rousse. Les consignes : se vêtir d'habits imperméables et de bottes, se munir d'une lampe de poche. Nous sommes deux, mon guide et moi. A moins de 50 mètres du boulevard, l'entrée dans les galeries va s'effectuer, non par une bouche d'égout, mais par l'accès à un chantier lié au confortement des souterrains. Se cacher, le temps de laisser des passants rentrer chez eux, forcer l'accès, se glisser sous des barrières, des planches, donne déjà le ton de la soirée. Puis il faudra descendre des mètres et des mètres d'échelles scellées, emprunter des cavités via des passages dissimulés. La descente est sportive, jusqu'à ce fameux réseau des arêtes de poisson. Galeries hautes ou basses, passage en pierre, en terre, se succèdent. Des têtes sculptées apparaissent au bout d'une arête. Ailleurs on tombe sur un Gros Caillou bleuté. Ailleurs encore, des bouteilles de vin sur une sorte d'autel, attestent d'une vie sous terre. Au fil de la descente, on peut appréhender le chemin parcouru. Derrière une porte cadenassée, une fente laisse apparaître la rue Adamoly. A moins de 2 mètres de nous, quelqu'un téléphone. Rien ne nous échappe de sa conversation. Lui ne peut deviner notre présence. Après trois heures passées ainsi à découvrir des puits à l'eau transparente, des galeries franchement belles, retrouver l'air libre fait plaisir, mais moins que d'avoir parcouru ce dédale incroyable. Merci mon guide.

D.M

Des empreintes de mains et de doigts d'enfants

Le réseau de galeries en arêtes de poisson se développe d'Est en Ouest du Rhône à la rue Magneval. Sa galerie principale est longue de plus de 150 mètres. De part et d'autre se déploient 32 galeries. Chacune des arêtes est reliée à l'épine dorsale par un puits carré. A l'origine, ces puits remontaient à la surface et descendaient aussi vers une seconde colonne vertébrale ne desservant pas d'arêtes. Une homogénéité de construction est repérée dans les matériaux comme dans les gabarits. Seules les hauteurs varient. Hormis quelques grès, les maçonneries sont composées de calcaire cristallin. Des empreintes de mains et de doigts, qui ont parfois laissé des dessins, laissent penser que le travail a pu être fait par des enfants.

Côté sol, les galeries sont formées de radier (qui empêche la formation de poches d'eau) recouvert d'une couche de mortier. Ce réseau croix-roussien représente 1,4 km de galeries et 16 puits d'une longueur cumulée de 480 mètres. L'étude réalisée par les services de la Ville souligne que le chantier semble avoir été brutalement stoppé sans être achevé. L'absence de marque d'utilisation en témoignerait.

L'ensemble architectural formé relèverait d'une même campagne de construction, liée à la citadelle royale de Lyon baptisée Saint-Sébastien.

 Note

Source : le réseau souterrain des « arêtes de poisson », diagnostic réalisé par E. Bernot, C. Ducourthial

et Ph. Dessaint. Service archéologique de la Ville

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