Souterrains de Lyon LaTaupeVousGuette
   
 
  Le Progrès 21 août 2009

Le Progrès 21 août 2009 :
Un monde sous nos pieds




Plus de 50 km de galeries souterraines serpentent sous la ville. Un patrimoine insolite, obscur et secret

Sous les trottoirs des rues lyonnaises, enfouis à des dizaines de mètres, ou parfois juste en dessous du macadam, des galeries souterraines cheminent dans l’obscurité la plus totale et transportent leurs lots de secrets et mystères.
Ici, ce n’est pas comme les catacombes de Paris, les réseaux, situés au niveau des balmes, notamment sous la colline de la Croix-Rousse, Fourvière, et le long du Rhône et de la Saône, jusqu’à Givors, sont interdits d’accès au public. Trop dangereux, trop sombre, et vertigineux.
Des dédales à s’égarer, des puits jusqu’à 80 mètres de profondeur, des dénivelés à n’en plus finir, l’eau omniprésente et parfois le manque d’air, mieux vaut être spécialiste pour oser pénétrer ces étranges cavités.
« Ces galeries remontent à l’époque romaine. Les bords des fleuves étant insalubres, les creusements ont été réalisés pour approvisionner les collines en eau, capter les veines d’eau », explique Bruno Perez, responsable du service galeries au Grand Lyon.
Le service d’assainissement de la communauté urbaine a pour mission de conforter les sous-sols et maintenir l’ouvrage au regard des terres. Éboulements et affaissements, entraînant de véritables catastrophes (Fourvière en 1930, le cours d’Herbouville en 1977) ont prouvé à quel point le monde souterrain était mouvant.
Plusieurs kilomètres ont donc été renforcés à coup d’injection de béton. On dénombre une centaine de souterrains, certains hauts et larges, d’autres étroits, humides ou secs, creusés dans la terre ou la roche.
Chaque jour, la découverte de nouvelles galeries ne fait qu’épaissir le mystère autour de ces réseaux, construits anarchiquement au fil du temps, fruits d’une histoire de 2000 ans. Faille dans la roche granitique, voûte en triangle, véritables pièces parfois, le plus impressionnant est sans doute le réseau des arêtes de poisson avec son immense colonne vertébrale, sa trentaine de galeries latérales qui serpentent du gros caillou jusqu’à l’entrée du tunnel de la Croix-Rousse, offrant un dénivelé de plus de 70 mètres et une température n’excédant pas les 14 °C.
Difficile de savoir exactement à quoi il servait. « On suppose que c’était un ouvrage militaire à cause de l’architecture. Il aurait pu servir à stocker des armes, des vivres et des personnes. Mais il n’y a aucune trace dans les archives », souligne Bruno Perez. Sa découverte remonte aux années soixante. Selon d’autres dires, des ossements de 5 m3 auraient également été découverts mais rapidement cachés sous les coulées de béton… sans être analysés.
Ce qui est sûr cependant, c’est le vandalisme qui s’y opère. Une concave en guise de boîte aux lettres a été creusée et recueille des messages à destination des protecteurs du site, autre part, une sorte de petit salon a été aménagée, et les bougies, dessins et mégots témoignent de visites régulières.
Au Grand Lyon, nul ne sait comment les visiteurs y pénètrent. Encore un mystère.
Mais ce monde est fascinant et mériterait bien des études archéologiques plus poussées, et qu’un jour, peut-être aussi, les habitants de Lyon pourront s’approprier ce patrimoine, le voir et le comprendre.
Marion Gauge

Éric Fuster : « Les découvertes des galeries se sont faites dans l’urgence »

Ils ne sont qu’une poignée de personnes à avoir pu assouvir leur curiosité de s’aventurer dans le sous-sol lyonnais. Éric Fuster et Walid Nazim, passionnés de spéléologie et de l’histoire de leur ville, celle qu’on ne voit pas, en font partie.
« On a commencé à explorer assidûment il y a une quinzaine d’années, à l’époque, on rentrait sans problème ».
Rencontres avec d’autres passionnés, échanges d’informations, recherche dans les archives, les deux amis ont voulu retracer l’histoire de ces galeries, au cœur de l’identité et des mystères de Lyon. « On compte seulement trois livres sur les souterrains. Ce patrimoine n’est pas du tout mis en valeur », expliquent-ils.
Parmi les ouvrages, se trouve celui qu’Éric Fuster a signé, « Recueil du Lyon souterrain, mémoire d’une ville », qui décrit et localise une trentaine de souterrains.
Éric et Walid regrettent que cette richesse ne soit pas davantage mise en exergue et que les études pour comprendre, identifier, recoller les morceaux de l’histoire aient été négligées au profit de la sécurisation des lieux.
« Les découvertes se sont faites dans l’urgence au moment des éboulements. La priorité était de sécuriser », raconte Éric.
L’usage des galeries s’est perdu au fil du temps, tout comme leur connaissance. Ce qu’on ne voit pas, on a tendance à l’oublier.
Prochainement, Éric et Walid se rendront au Congrès international des souterrains pour représenter la ville de Lyon, et mettre en lumière l’un de ses traits resté dans l’ombre.
M. G.

Le site : Où en est-on?
 
La Taupe creuse son trou... Il est drôle de se perdre sur la toile et de tisser un réseau souterrain... Certains chapitres n'ont pas encore vus le jour. Le site évolue et vit également par vos courriels et commentaires, beaucoup de demandes pour des sons, des vidéos, de nouvelles rubriques souterraines. Alors...patience.
Publicité
 
Commentaires, courriels
 
N'hésitez pas à laisser vos idées, vos questions ou suggestions sur le site. Tout le monde peut lire vos textes dans la rubrique ' vos commentaires sur le site'. Pour un message plus 'privé', envoyez-moi un courriel. Merci.
Danger accès interdit
 
Arrêté municipal n° 505 89 12 du 22-02-1989

Les réseaux de l'Ombre se ferment les uns après les autres. Les autorités verrouillent à cause de quelques cataphiles malveillants et sans scrupule. Le dialogue est à nouveau rompu. Quel dommage...
Juste quelques infos au passage
 

 Tunnel Croix Rousse.

 De nouvelles photos.

Remerciements
 
Pour leur patience, leur disponibilité, leur différence, je tiens à remercier parmi la nombreuse faune cataphile: le Chat (27ans déjà qu'on se supporte), les vieux de la vieille avec lesquels j'ai découvert le dessous de Lyon (le Rat, l'Araignée, la Salamandre, la Fouine, le Mulot, Souquette, Janmichmuch, Antoine, Agnès, Boris...), mais aussi Superflux (émérite photographe!), Gandalf (spécialiste de ripailles sous le pavé), l' Ocra Lyon, le Ver Luisant, la Souris Verte, la Chouette, Schfett, la Schtroumphette, la Grenouille, le Lézard, Poisson, Esion, les Cafards Associés pour leur musique 'Underground', le récent clan des 'Gicleurs', les nouvelles venues (la Rampeuse, la Baigneuse, Choupette...) ainsi que les fort nombreuses créatures du Diable, les multiples rêveurs, passionnés du sous sol lyonnais et les nombreux farfadets que l'on croise parfois au détour d'un obscur tunnel. Je n'omets pas tous les indics, espions, et les très nombreuses personnes qui, du dessus ou du dessous, m'ont autorisé à percer leurs secrets en m'ouvrant aimablement leurs portes... Je n'oublie surtout pas Michel Garnier, le plus ancien des cataphiles lyonnais, dont la connaissance et la sagesse m'ont beaucoup apportés (décédé à 90ans) Un grand merci tout particulier pour celles qui m'ont poussé à créer ce site (la Rampeuse, Emma), mais aussi Mélanie (qui veille dans l'Ombre) pour ses critiques et ses remarques.
 
Quelques 79246 visiteurs ont été curieux d'y jeter un oeil.
=> Veux-tu aussi créer une site gratuit ? Alors clique ici ! <=
La Nuit...faite de rêves et d'imaginaire...